TEST COMPLET : HTC One A9

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2015 a été une année difficile pour HTC. Les ventes du HTC One M9 ont été largement en dessous du niveau espéré, le public lui reprochant un manque d’innovation et de trop faibles évolutions par rapport à son prédecesseur, le One M8, dont le succès pourtant confirmé a à peine suffi à sortir le constructeur de la tourmente. Prenant la suite de Peter Chou à la tête du fabriquant, Cher Wang (co-fondatrice) avait annoncé la sortie d’un appareil qui relancerait les ventes du Taïwanais. Quelques mois plus tard, le HTC One A9 est lancé mondialement, en grandes pompes, depuis les Etats-Unis.
Le téléphone est-il à la hauteur de son lancement ? Tentative de réponse.


Un placement intermédiaire sur le marché, entre premium et milieu de gamme

Avant de rentrer dans le vif du sujet, il faut placer le niveau de gamme du produit : préciser à quoi on peut s’attendre, et à quel public il est destiné. Le One A9 n’est pas un flaghsip : ses spécifications sont celles d’un milieu de gamme, légèrement revues à la hausse – mais son design et sa finition, chassis complet en métal et face avant en verre – évoquent clairement le haut de gamme de HTC, dont il emprunte le nom – et surpassent à mon sens le design de nombreux modèles haut de gammes concurrents. Le prix annoncé, en dessous du One M9 confirme que le One A9 se positionne derrière ce dernier – pour ne pas le concurrencer, mais également pour séduire une clientèle plus nombreuse et dont le budget n’atteint pas forcément celui d’un « top device ».


Les spécifications

Si le One A9 n’embarque pas ce qui se fait de plus puissant aujourd’hui, il se voit équipé de tout le hardware nécessaire à faire tourner de façon très fluide (la plupart du temps) la dernière version d’Android, « Marshmallow » (6.0.1) : Processeur Snapdragon 617 à huit cœurs ARM Cortex A53 (4 x 1,5 GHz et 4 x 1,2 GHz), puce graphique Adreno 405 et 2 Go de RAM, écran full HD (1920 x 1080). La mémoire interne de 16 Go (pour la version Europe, à contrario de la version US qui en a 32) est extensible par le port microSD. Coté photo, on trouve deux capteurs de 13 et 4 mégapixels, respectivement à l’arrière et à l’avant. Coté connectique, Wi-Fi, Bluetooth, NFC et une compatibilité 4G+ sont de la partie. Mais la grande nouveauté, c’est l’ajout sur la partie inférieure de la face avant d’un capteur d’empreinte digitales, qui vous permet d’enregistrer jusqu’à cinq doigts et de déverrouiller votre smartphone d’un simple contact, de manière sécurisée, en moins d’une demi-seconde.

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Un design extérieur « polémique »

Sans rentrer dans les détails, il est clair que le design extérieur rappelle celui de l’iPhone 6. HTC a t’il copié le modèle de la firme de Cupertino pour tenter de récupérer une partie de ses clients ? Peut-être. Mais HTC a surtout été le premier à fabriquer des smartphones avec un chassis totalement en aluminium – et à essuyer les plâtres causés par les problèmes de réceptions inhérents à cette technologie – il semble donc tout à fait légitime qu’il développe dans cette voie sans se soucier de qui a copié qui (l’iPhone 6 a pour sa part repris de nombreux éléments de design du HTC One M7, sorti deux ans plus tôt). Si Apple s’est montré innovant et redoutablement créatif dans les années 2000, il semblerait que Google – avec Android et les technologies embarquées en général – smartwatches, capteur d’empreintes, objets connectés – ait inversé la tendance et soit aujourd’hui en avance en terme d’innovation.


Et sinon… En usage, au quotidien ?

Le HTC One A9 a tout ce qu’il faut pour être le compagnon parfait de vos journées. Une configuration hardware largement suffisante pour les réseaux sociaux, la téléphonie, la musique (on note l’absence des hauts-parleurs en face avant comme sur les One Mx, cependant le processeur, couplé à un plugin Dolby Audio, fait un excellent travail de décodage et de rendu lorsqu’on branche un casque de bonne qualité sur la prise jack 3.5 pouces). Pour les audiophiles, ce n’est plus un secret – HTC a fait ses preuves, avec des partenariats avec Beats, Harman Kardon ou Dolby et reste incontestablement leader des applications musicales embarquées sur smartphone. Les capacités graphiques permettent enfin de faire tourner la plupart des jeux en 3D – même si il faut le dire, le One A9 n’est pas pour autant orienté gaming : le score obtenu au benchmark 3D AnTuTu (version 6.01) atteint difficilement 60 000 points, là où le HTC One M9 (après la mise à jour Marshmallow déployée en ce moment) tourne autour de 110 000.

Le point où HTC a mis l’accent – en partie suite aux accusations (un peu exacerbées à mon sens) jetées au One M9 sur son capteur photo – c’est justement sur les capacités photographiques de son appareil. On retrouve en effet en face arrière un capteur principal de très bonne qualité, avec une définition de 13 mégapixels – légèrement moins que celui du M9 donc – mais qui est équipé, lui, d’un stabilisateur optique. Quelle différence ? En basse lumière, lorsque la faible luminosité nécessite un temps de pose rallongé, c’est le mécanisme qui va absorber les micro-mouvements de votre main et du téléphone, et va limiter très fortement les effets de « bougé » ou de « filé ». En luminosité normale, le stabilisateur optique aide également à obtenir des clichés plus nets et plus précis. Alors que la plupart des constructeurs optent désormais pour l’OIS (optical image stabilization), HTC rattrape son retard et corrige une des seules erreurs du M9. Bonne pioche donc.

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Coté software, on retrouve l’application photo HTC – qui permet d’exploiter au mieux les capacités du capteur, avec un mode manuel (Mode « PRO / RAW ») assez poussé, permettant réellement de prendre des clichés personnalisés lorsqu’on connait un minimum les réglages : possibilité de choisir l’ISO, le temps de pose, et même de choisir la distance de focus (et ainsi jouer partiellement sur la profondeur de champ). De quoi vraiment s’amuser lorsqu’on est en balade ou en vacances.

Excellent téléphone donc, très flexible, qui conviendra à des utilisations variées et ne sera finalement limité que lorsqu’on touchera au domaine du jeu – qui sur mobile, est encore, somme toute, assez marginal.


Les moins ?

Pour proposer un smartphone de ce niveau à moins de 400 euros (son prix actuel) HTC a évidemment dû faire des compromis. Le premier aura été de réduire la surcouche Sense, pour se rapprocher d’Android « stock » : on retrouve une barre de notification et de réglages rapides similaires à celle d’AOSP, exit donc la customisation des tuiles du menu de configuration rapide. Dommage, d’autant plus que si cette fonction se retrouve désormais sur Marshmallow « source », ce n’est pas le cas ici. Vous ne pourrez donc pas positionner de bouton rapide pour le NFC, ou d’autres switches qui sortiraient des sentiers battus, mais pourraient vous être utiles. Disparition également du précieux mode voiture, de l’interface épurée et minimaliste du lecteur HTC Musique. Disparition enfin des widgets Sense messages, agenda, e-mails… Au profit de solutions Google similaires, certes – mais la surcouche Sense perd ici une partie de son intérêt.

Par ailleurs, les 2 Go de RAM et le processeur se retrouveront parfois un peu encombrés si vous utilisez beaucoup d’applications gourmandes en ressources. Peuvent en résulter quelques ralentissements ou saccades lors du défilement, ou lorsque vous tapez un message au clavier (plus gênant, même si ce phénomène peut être réduit en désactivant le dictionnaire automatique ou en utilisant un clavier virtuel moins performant que celui proposé). Même chose du coté de la mémoire interne : avec 16 Go, vos applications et vos photos se retrouveront très vite à l’étroit. Prévoyez dès le début une carte microSD de classe 10 (afin d’éviter les ralentissements), et formatez-là pour qu’elle soit « fusionnée » avec la mémoire interne, comme le propose désormais Android 6.0, afin de pouvoir y stocker facilement vos applications.

Enfin, le dernier compromis – et pas le moindre – est l’autonomie. Le dimensionnement de la batterie – 2150 mAh – est tout juste suffisant pour tenir vingt-quatre heures, en usage « moyen » dirons-nous : Téléphonie (env. 30 minutes), SMS (20 à 50 messages), e-mail et réseaux sociaux (Gmail, Twitter & Facebook en synchronisation automatique), flux d’info et photographie pour un temps total « screen on » d’environ trois heures. Si vous ajoutez à cela de la musique via bluetooth, un peu de vidéo online (YouTube) ou des jeux, il vous faudra prévoir une source externe de recharge car la batterie tiendra à peine la journée. Relativisons tout de même : à moins d’être un geek invétéré, auquel cas vous êtes très probablement déjà équipé d’une batterie externe ou d’un chargeur de voiture – l’autonomie du One A9 sera tout à fait satisfaisante, et son temps de charge, pour peu que vous ayez en votre possession un chargeur « quick charge 2.0 » compatible Qualcomm, vous permettra facilement de récupérer de l’autonomie au cours de la journée si nécessaire.


Conclusion

Avec le One A9, HTC dispose d’un smartphone de milieu / haut de gamme très séduisant qui devrait l’aider à retrouver une image de marque « premium » et peut sans conteste remettre le constructeur dans la course que se mènent Samsung, Apple, LG et Sony. Une excellente façon d’ouvrir la voie au HTC One M10, petit nom « HTC Perfume », dont les spécifications commencent à fuiter et que le public technophile attend au tournant. Coté rapport qualité prix, c’est un des meilleurs produits disponibles sur le marché, en particulier pour les amoureux de photo et de musique vers qui ce téléphone semble clairement orienté. On émettra tout de même deux petits regrets : l’abandon du bombage de la face arrière, qu’arborent les HTC One depuis le M7 et qui a fait ses preuves en terme de prise en main, de sensation de robustesse et d’ergonomie irréprochable – et l’exposition particulière des angles et de la face avant, intégralement en verre (bien que ce soit du Gorilla Glass 3) qui le rendra très sensible aux chocs et aux chutes : c’est pourquoi si vous souhaitez vous équiper de ce smartphone, on ne saurait trop vous recommander de le munir d’une coque de protection efficace – et ce même si c’est au prix de sa superbe esthétique.

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