Root et S-OFF pour les nuls : ce qu’il faut savoir avant de se lancer

Petit rappel, qui ne fera de mal à personne. Je me souviens des heures de galère que j’ai passées à rooter et déverrouiller mon premier HTC, et rien qu’à évoquer ce souvenir j’ai encore de grosses gouttes de sueur qui perlent de mon front.

Pourtant, tout celà n’a bien de rien sorcier. Mais soyons clairs, il y a des risques (mesurés) de rendre votre beau téléphone à 600 euros aussi utile qu’une cale à armoire. On appelle ça le « brick », c’est à dire que si vous faites une mauvaise manip au mauvais moment, votre smartphone peut devenir incapable de démarrer à nouveau. « Soft brick », vous pourrez probablement résoudre le problème – « hard brick », cela nécessitera sans doute un retour SAV (et des coûts de réparation). Pour éviter ce désagrément, un seul mot d’ordre : méthodologie. La plupart des tutoriels sur le sujet sont très bien rédigés, il vous suffira de ne pas aller plus vite que la musique et de les suivre méticuleusement. Autre règle pas si stupide : si vous ne comprenez pas un mot de ce qu’on vous demande de faire… Ne le faites pas!

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Le « Root » et le « S-OFF », qu’est ce que c’est?

Ce sont deux méthodes qui vont vous permettre d’avoir accès en modification à des zones de la mémoire système de votre smartphone HTC, auxquelles vous n’avez normalement pas accès. Le Root, la plus facilement accessible des deux – vous permettra d’autoriser des applications à effectuer certaines actions à votre place, comme verrouiller ou déverrouiller le téléphone, et modifier les paramètres (data, wifi, GPS…) par exemple. Imaginez un peu ça comme déléguer à un programme les droits « administateurs » de windows. Vous pourrez également, en remplaçant ce qu’on appelle le « recovery », une partition de « secours » qui permet de réaliser certaines actions de maintenance, par un module customisé (comprendre plus permissif), installer des versions modifiées de l’OS de votre téléphone (on appelle généralement l’OS une « ROM »). Première étape pour rooter votre téléphone HTC : déverrouiller le bootloader (une autre partition, qui en gros sert à piloter tous les éléments à charger lors du démarrage de votre smartphone) via le site officiel htcdev.com.

Le S-OFF (pour Security Off), en revanche, va permettre d’aller beaucoup plus loin et de modifier jusqu’au firmware et à l’identité même du téléphone : les drivers matériels, le numéro de CID (qui sert à identifier la version nue ou opérateur de votre appareil – orange par exemple – et la zone géographique pour laquelle il est vendu), le numéro de MID (Model ID, qui sert, lui, à identifier l’édition : Google Play Edition, Developer Edition, Harman-Kardon, etc) et d’autres choses encore.

harmankardon

Soyons clairs : aucun de ces deux verrouillages n’empêcheront d’utiliser normalement le téléphone. Mais le fait de les supprimer va permettre de personnaliser davantage notre HTC et d’optimiser ses performances à des niveaux parfois très significatifs. Dans mon cas, j’ai pu notamment changer mon One M8 en Google Play Edition (sympa pour tester android stock, sans la surcouche « Sense »), ou plus tard installer le mod audio Harman&Kardon (et bénéficier d’une qualité audio vraiment exceptionnelle – ah oui, j’ai oublié de te dire que j’étais aussi passionné de musique).

Autre chose à savoir, chez certains constructeurs (y compris HTC), déverrouiller le bootloader entraîne un avertissement d’annulation potentielle de la garantie de l’appareil. Potentielle, car selon la loi européenne, un refus de prise en charge en garantie par le fabriquant doit être accompagné d’une preuve que le défaut pour lequel il est renvoyé a été causé par une utilisation non recommandée de l’appareil (à savoir, ici, le bootloader déverrouillé). Si l’appareil photo ou la prise casque de votre HTC sont défectueux (problème de hardware par exemple), HTC ne pourra légalement pas refuser la réparation. En revanche, si votre processeur chauffe trop ou devient instable parce que vous avez flashé un kernel pour booster la fréquence (overclock), ou si votre téléphone ne capte plus de réseau parce que vous avez flashé une mauvaise radio, il est en droit de vous facturer la réparation. Attention donc à ce que vous faites, et si d’aventures vous renvoyez votre téléphone au SAV, il est de bon ton de le ramener à sa configuration d’origine : bootloader verrouillé, ROM, firmware et recovery d’origine.

Les méthodes les plus simples pour obtenir le S-off et le Root feront l’objet de deux articles d’ici quelques jours, mais vous pouvez d’ores et déjà trouver de nombreux liens pour ce faire, et si vous êtes anglophone (ce qui est un plus indéniable) je vous conseille l’incontournable forum xda-developers, qui est une ressource d’information ultra-riche et intarissable et où vous trouver sans nul doute le meilleur support technique qui soit.

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Une réponse à “Root et S-OFF pour les nuls : ce qu’il faut savoir avant de se lancer

  1. Bon sang, merci pour cet article qui, chose rare sur le net, ne me prend pas de haut. J’ai déjà rooter deux téléphones, mais tomber sur cet article qui ose rappeler que tout le monde a débuté avec plus ou moins de réussite et de confianc e, et ben bim, je me sens moins con d’en chier un minimum là où tous les tutos rivalisent de complaisance.

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